12 juillet 2007
Louzine, ya Louzine !

L’association l’Usine regroupe
plus de 100 artistes, en majorité des musiciens repartis en 23 groupes de tous les
genres allant du traditionnel jusqu’au au jazz et au rap. Ces groupes ont plus
de 30 albums à leur actif et ils génèrent chaque année plus de 300 spectacles
en France et dans le monde entier.
Trois studios de répétition ont
été aménagés et équipés à l’Usine. Chaque année, plus de 6000 heures de
répétition ont lieu dans ses studios.
Un studio d’enregistrement a été
aménagé et équipé à l’usine et 9 d’albums y ont été enregistrés entre 2003 et
2006, dont 5 co-produits par l’association et CSB Productions.
Le site l’association www.louzine.net est, sur le Web, un site de
référence en matière de musique algérienne et Cheikh Sidi bémol, Gaâda Diwane
de Béchar, l’Orchestre National de Barbès ainsi que d’autres groupes de
l’association comptent parmi les groupes les plus populaires de la nouvelle
scène algérienne.
L’association a acquis une
notoriété importante auprès des professionnels et l’Usine est devenu un lieu de
rencontre où les programmateurs de spectacles et les journalistes de la presse
écrite de la radio ou de la télévision viennent rencontrer les artistes.
Un film documentaire a ainsi été
tourné à l’Usine, réalisé par Samia Chala et Sid Ahmed Sémiane. Il sera diffusé
sur les chaînes du câble en Algérie et en France, et il sera également
distribué sous forme de DVD à l’automne 2007 en même temps qu’une compilation
de 20 titres des artistes de l’association.
Planet-DZ est un des sites de référence en matière de culture
algérienne et maghrébine.Ce site basé à l’Usine est devenu un outil
incontournable pour la promotion des artistes maghrébins et totalise plus de
3000 visites par jour.
Mustapha Boutadjine qui occupe un
atelier de peinture à l’Usine expose en moyenne 5 fois par an en France et en
Algérie et possède plusieurs centaines de toiles et dessins stockées dans son
atelier.
Hamid Séghilani, photographe
d’agence depuis plus de 10 ans, auteur de milliers de clichés, occupe également
un atelier à l’Usine, dans lequel est stocké tout son travail.
Tout ça risque de disparaître dès cette rentrée, et tout ce beau monde risque de se retrouver à la rue.
C'est peut-être la fin d'une belle aventure, le début d'une autre expérience...
01 juillet 2007
L'Orchestre National de Barbès sur Internet

Enfin! L'Orchestre National de Barbès a un site internet, c'est www.orchestrenationaldebarbes.com, et il s'adresse plus aux professionnels pour l'instant (fiches techniques, dates de concerts, etc.). Mais je pense qu'il va évoluer très vite en direction d'un public plus large, avec des photos, des extraits mp3 et des vidéos.
Voilà une nouvelle qui prouve qu'il y a plein de bonnes choses qui se préparent du côté des compères du Allaoui, on a d'ailleurs déjà eu un avant-goût de ce qui se cogite avec Rézidance.
29 juin 2007
Musiques Traditionnelles Algériennes

Voici une affiche sympa, d'une manifestation qui s'est déroulée à Aubenas l'année dernière. C'est une bonne illustration pour la suite de ce post, car si je devais expliquer la musique algérienne à un gamin comme celui-là, qui a l'air très intéressé par le sujet, je me demande ce que je pourrais bien lui raconter.
Je lui dirai peut-être que les musiques algériennes traditionnelles comptent, en gros, 8 genres très différents par les rythmes, les mélodies et l'instrumentation :
Les musiques d'origine sub-saharienne : le Gnaoui (Béchar, Tindouf), le Targui (Tamanrasset, Djanet), et l'Ahellil (Timimoun) ;
Le Chaoui (Aurès), qui va donner le Stayfi (Setif) ;
Le Kabyle (Tizi-Ouzou, Bejaia) ;
Le Bédoui (Biskra, Ouargla, Laghouat) ;
Le Melhoun (Oran), qui va donner le Raï ;
L'arabo-andalou qui regroupe le Chaâbi (Alger), le Hawzi (Tlemcen), et le Malouf (Constantine).
Je ne sais pas s'il existe un livre sur toutes ces musiques, mais si quelqun peut me renseigner, il me rendra un grand service, ainsi qu'au jeune artiste de l'affiche.
28 juin 2007
Undergroone : la Kebche Connexion.

Undergroone, site de vente en ligne de musique algérienne, a été créé grâce à un partenariat entre l’association l’Usine* et deux jeunes entreprises : Belda Diffusion* et CSB Productions*.
Undergroone veut faire connaître les jeunes artistes de la nouvelle scène algérienne ainsi que d’autres artistes, plus chevronnés, qui sont souvent méconnus et non distribués hors de l’Algérie.
Ces artistes, souvent catalogués "underground", montrent une créativité et une originalité étonnantes.
Leur musique, couvrant tous les genres, du traditionnel au rap, en passant par la variété et le rock, est un puissant révélateur de la vitalité et de la diversité culturelle de l'Algérie.
Elle est aussi une promesse d'ouverture, d'échange et de dialogue, car c'est une musique métissée et moderne.
Près d’une centaine d’albums sont déjà présents sur www.undergroone.com, vitrine incontournable pour découvrir et apprécier ces nouvelles musiques d’Algérie.
________
(*) L'association l'Usine est un collectif d'artistes français et maghrébins créé en 1995 à Arcueil en banlieue parisienne. Regroupant plus d'une centaine d'artistes, il compte parmi ses membres des groupes d'envergure internationale (ONB, Cheikh Sidi Bémol, Gaâda Diwane de Béchar).
Belda Diffusion, éditeur phonographique basé à Alger, réputé pour son sérieux, milite activement, depuis sa création en 2001, pour une profonde réforme du droit d'auteur en Algérie, permettant une rémunération plus juste des créateurs et une lutte plus efficace contre le piratage.
CSB Productions est un label musical (enregistrements et spectacles) basé à Paris qui a produit 5 albums et plusieurs dizaines de spectacles depuis sa création en 2003.
24 juin 2007
Les Musiques Algériennes

"Il est plus exact de parler des musiques d'Algérie, plutôt que de la musique en Algérie, pour signifier d'emblée qu'il y a une multitude d'expressions musicales du terroir, tenant à la diversité qui compose ce pays. Divesité dont, peut-être, ces musiques sont les seules à rendre compte. L'Algérie est tout autant un pays neuf qu'un creuset où se sont superposés, se sont rncontrés à travers l'histoire (et continuent de le faire), déversés, métissés, de multiples courants musicaux provenant d'Afrique, d'Orient et d'Europe. Il est possible que cela découle de sa position privilégiée au sud du bassin méditerrannéen, de la rencontre des cultures locales avec la colonisation à une période donnée, du fait que la musique, par excellence, n'a pas de frontières. Toujours est-il que, sans hiérarchie aucune, cette diversité ne semble pas avoir d'équivalent dans le reste du monde arabe - où l'on a coutume et obligation officielle de classer l'Algérie. La diversité ne se donne pas à voir seulement dans la multitude des genres existants, mais également et surtout dans le foisonnement des rythmes, mélodies et instrumentations qu'on peut y trouver."
Brahim Hadj Slimane
(La création artistique en Algérie, éd. Marsa 2003)
Image : Charles Brouty.
31 mai 2007
Le Manifeste du Gourbi Rock

Cheikh Sidi
Bémol : « Gourbi Rock »
CSB
Productions /Undergroone 2007.
Le dernier
album de Cheikh Sidi Bémol est un véritable manifeste du Gourbi-Rock, appellation inventée par le journaliste algérien Aziz
Smati pour définir la musique de cet artiste inclassable : des textes (co-signés
par Sid Ahmed Sémiane) sans tabous ni concessions, des mélodies limpides
appuyées par des riffs tranchants, une orchestration sobre et efficace, guitares,
basse et batterie.
Le premier
titre, Rxis (salopard), étonnante fusion entre le bédoui et les Stones, démarre sur les chapeaux de roues pour
dénoncer tous les faux culs, vrais escrocs, qui se camouflent derrière la
politique, la religion ou l’uniforme.
Saâdiya, sur une rythmique guellal, raconte
l’histoire d’une jeune fille, belle et naïve, abusée par des idiots sans
scrupules, qui se venge en faisant fortune dans la prostitution.
Suit une
belle ballade, Ma Tloumniche (ne m’en veux pas), qui raconte la
douleur et le désarroi des parents de disparus, leur lutte courageuse pour
la vérité, la justice.
Gouli (dis-moi)
est un chant gnawi mitonné de blues, qui enchaîne les questions sur la
conscience, la peur et les regrets.
Wachen Hada (qu’est-ce
qui se passe ?), dans un groove très original saccadé par un riff à la
Police, évoque le calvaire des Palestiniens et l’impuissance des Nations.
Wah’dek (seul),
ténébreux rock oriental qui se rie de la mort, finit en paraphrasant
Brassens : « je quitte la vie
sans rancune, j’aurai plus jamais mal aux dents ».
Bab El Mina (la
porte du port) est ciselé sur une énergique tournerie qarqabou pour
illustrer ces vagues pleines de rêves qui
déferlant sur le port et fauchant leur moisson de clandestins.
Walou (rien),
très beau blues avec un superbe solo de banjo chaâbi, raconte l’histoire d’un
clodo, surnommé « Rien ».
Yaxxi Hala (quelle
affaire !), ritournelle obsédante façon chant traditionnel, est un virulent
réquisitoire contre la politique américaine depuis les attentats de 2001.
Lalla Garmiya (Madame
Garmiya) est un étrange mélange de guitares et de boucles de violons mettant en scène un ivrogne qui rêve de
reconquérir sa bien aimée.
Ces dix
chansons démontrent, encore une fois, la singularité de Cheikh Sidi Bémol qui,
sans cesse, explore de nouvelles pistes pour la chanson algérienne.
Nadir B.
11 avril 2007
L'affaire Thalweg

Quand on fait de la musique mieux vaut avoir un bon avocat.
C'est ce que vous concluerez sans doute à la lecture de ce post.
A la création du groupe berbéro-celtique, en 2000,
nous cherchions un nom qui résume un peu l’idée de rencontre entre les musiques
berbère et celtique. Après avoir longtemps cogité et trouvé plein de noms qui
étaient déjà pris, j’ai ouvert un dictionnaire au hasard et je suis tombé sur
le mot « Thalweg » que je ne connaissais pas du tout. En lisant sa
définition, en gros le contraire de la crête, et son étymologie, « chemin
de la vallée », j’ai pensé que ce mot illustrerait parfaitement l’idée de
rencontre de musiques dévalant les pentes de deux monts contigus, l’un berbère
et l’autre celte. De plus, bien que d’origine allemande, ce mot sonne un peu
kabyle. J’ai expliqué tout cela aux membres du groupe et c’est ainsi que « Thalweg »
a été adopté à l’unanimité.
Le batteur du groupe, petit malin, a déposé ce nom à l'INPI et en revendique la patérnité. Il m'a envoyé son avocat qui m'explique que je n'ai plus le droit d'utiliser ce nom pour continuer mon mixage musical celto-berbere sous peine de poursuites et tout et tout.
Tant-pis, ça me servira de leçon. Et mon prochain album berbéro-celtique, qui est bien avancé déjà, sera publié sous un nom que je garde secret pour l'instant, on ne sait jamais. Je peux juste vous dire que son nom de code est "Zdag-Rdag-Tfouh-Baqqevdaqqevraq" et qu'il contiendra un certain nombre de titres.
Et n'oubliez pas, pour faire de la bonne musique, dégustez des avocats.
La photo représente le groupe dans sa composition originale : Marc Israël à la basse, Samy Chiboub à la batterie, Moulay Aït Si Ahmed à la guitare, Hocine Boukella au chant et à la guitare, Manu Le Houezec aux flûtes, sax et bombarde. Amine Chaffaï, violoniste, manque sur la photo, mais il faisait également partie de l'équipe, comme Philippe Vandenhende, ingénieur du son.
17 mars 2007
You you you you you you youuuuuuuuuyyyyye !!!

Voilà, ça y est, enfin !
Gourbi Rock, le nouvel album de Cheikh Sidi Bémol sort le 30 mars prochain et on va fêter ça au Centre Culturel Algérien (CCA) le même jour, ce qui a surpris un peu mon ami Aziz de Bled-Co. Pourquoi le CCA ? m'a-t-il demandé. Et pourquoi pas, après tout Gourbi Rock est un disque algérien et le CCA appartient à tous les Algériens. Et ça me fera toujours un énorme plaisir de chanter Walou, Saâdiya, Rxis, Ma Tloumniche, Lalla Wardia, Bab El Mina, Wachen Hada, Wah'dek, Yaxxi H'ala, Gouli, sous le portrait de Abdelâziz, notre grand timonier.
03 février 2007
Omar Amrouni est mort.

C'était le batteur du légendaire groupe de rock algérien T.34.
Omar Amrouni nous a quitté ce jeudi 1er fevrier 2007.
C'est avec une grande consternation que je viens d'apprendre la triste nouvelle sur Bled Connexion.
Repose en paix au Paradis des Rockers, cher Omar.
T34-Boualam El Far
T34-Boualam El Far
Ce petit clip a été tourné dans les années 80.
T-34, le premier groupe de rock algérien, était au sommet de sa popularité avec Khaled Louma au chant, Mourad Rahali et Yazid Hamadouche aux guitares, Youcef Boukella à la basse et Omar Amrouni à la batterie.
Omar qui vient de rejoindre le Paradis des Musiciens.